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jeudi 26 février 2009

Joe Dassin


Joseph Ira Dassin, dit Joe Dassin (5 novembre 1938 à New York – 20 août 1980 à Papeete, France) est un chanteur francophone et compositeur américain et français. En tant que chanteur, il a connu plusieurs succès dans la francophonie.
Joe est le fils de Jules Dassin, réalisateur de films d'origine juive russe, et de la Hongroise Béatrice Launer, violoniste virtuose. Il a deux sœurs.
Son grand-père était un émigré russe qui avait quitté Odessa parce qu’en Amérique, disait-on, il suffisait de se pencher pour ramasser l’or à pleines mains. Pendant son enfance, il habite New York et Los Angeles. À cause du maccarthisme, ses parents s'expatrient en Europe. La famille déménage de nombreuses fois et Joe connaît beaucoup d'écoles, suivant son père dans ses tournages. Il étudie à l'Institut Le Rosey en Suisse, passe son bac à Grenoble, puis étudie l'ethnologie à l'université du Michigan. Il revient par la suite en France et travaille comme technicien pour son père, puis fait quelques figurations dans ses films.
Sur la suggestion de sa première femme Maryse Massiera, qui avait demandé à Catherine Régnier, une amie de pensionnat, engagée comme secrétaire d'une maison de disques américaine tout récemment installée en France CBS Records, de graver un exemplaire d'une ballade qu'il avait interprétée en privé, il commence à enregistrer des chansons. Il devient le premier Français à signer chez une maison de disques américaine. Après des débuts difficiles, sa carrière décolle enfin lorsque Jacques Souplet, le nouveau PDG de CBS France, lui trouve celui qui deviendra son producteur et ami, Jacques Plait.
Pendant les années 1960, il connaît ses premiers succès : Les Dalton, Guantanamera, Siffler sur la colline et Les Champs-Élysées. Durant la décennie suivante, il connaît d'autres succès, tels L'Amérique (reprise de Yellow River de Christie), Le Moustique (reprise de "The Mosquito" de The Doors), Si tu t'appelles mélancolie, L'Été indien et Le Café des trois colombes. Joe Dassin enregistrera ses chansons dans un grand nombre de langues (notamment en français, anglais, allemand, espagnol, italien et grec).
Il a un premier fils, Joshua, né prématuré, qui meurt à l’âge de cinq jours.
Après la mort de Joshua, il divorce et se remarie ensuite avec Christine Delvaux qui lui donnera deux fils, Jonathan et Julien.
Il meurt en 1980 à l'âge de 41 ans d'une crise cardiaque (infarctus du myocarde) pendant des vacances à Papeete, Tahiti. On peut voir sa tombe à l'Hollywood Forever Cemetery, un cimetière d'Hollywood en Californie.
C'est le compositeur (disparu) qui touche le plus de droits d'auteur en France (devant Michel Berger et Daniel Balavoine).

mardi 2 décembre 2008

Dalida


C'est dans le quartier de Choubrah du Caire, en Égypte, que naît Yolanda, fille d'immigrés italiens du début du siècle, second enfant de la famille Gigliotti, après son aîné Orlando, et avant son cadet Bruno.
Pietro, le père de famille, est violoniste à l'Opéra pendant que Giuseppina, la mère, s'occupe des enfants. Yolanda manifeste un goût pour l'art. On l'apprécie dans les représentations théâtrales du collège, mais c'est surtout son physique qui attire, et ce malgré de graves problèmes d'yeux qui l'obligent à porter longtemps des lunettes qu'elle finira par jeter par la fenêtre...
Une jeunesse ordinaire
Enfant de bourgeois aisés, Yolanda vit une enfance sans histoire, fréquentant une école catholique et grandissant comme toute adolescente, entourée de ses amis et de sa famille.
Alors qu'elle se destine à une carrière de secrétaire, l'attirance qu'elle suscite chez les hommes change sa conception de l'avenir. En 1951, alors qu'elle a à peine dix huit ans, elle se présente à un concours de beauté en maillot de bain, et provoque le courroux de toute sa famille.
Mais elle a compris le pouvoir de son charme, et lorsqu'elle commence à travailler dans une maison de couture, elle devient naturellement mannequin. Elle a la beauté mystérieuse des actrices américaines de l'époque, et son corps élancé lui permet en 1954 de décrocher, à la surprise générale de sa famille, le prix de Miss Egypte !
De l'anonymat au cinéma, et du cinéma à la chanson...
Dans la foulée, Yolanda, devenue Dalida, tourne pour le cinéma. D'abord pour le cinéma égyptien, ensuite pour le cinéma français, après qu'un réalisateur français, Marc de Gastyne, l'ait repérée. C'est à cette occasion qu'elle quitte, le 25 décembre 1954, l'Egypte et sa famille pour Paris.
En fait de cinéma, elle prend des cours de chant, pour survivre, et commence à chanter dans des cabarets, présentée comme la révélation française de l'année. Un concours de circonstances va faire d'elle une star. La rencontre de trois hommes va bouleverser sa vie.
Tout d'abord Bruno Coquatrix. Il est le nouveau propriétaire d'un établissement nommé l'Olympia. En quelques années, il fera de cet ancien cinéma le haut lieu du music-hall en France, et fera passer sur cette scène les plus grands artistes internationaux: de Jacques Brel aux Beatles, en passant par Johnny Hallyday, Brassens, Adamo, Sardou, etc. Il anime une émission sur Europe 1: Numéros un de demain, et est alors à la recherche de nouveaux talents.
Puis Lucien Morisse, directeur artistique d'Europe 1, et naturellement à l'écoute de tout ce qui se fait de nouveau. Il est aussi à la recherche de jeunes talents. Il sera l'amant de Dalida, malgré son mariage et l'opinion publique.
Et enfin, un certain Eddie Barclay, producteur de disques, lui aussi à la recherche de nouveaux talents. Il produira par la suite des gens comme Brel ou Aznavour. Un homme d'affaires, mais aussi un homme de coeur et un gentleman.
Dalida interprète sur Europe 1 Etrangère au paradis et se fait aussitôt remarquer. Barclay lui propose l'enregistrement d'un premier disque, Madonna, puis d'un second, Bambino.
Grace à Morisse, le titre entraînant et jovial passe toute la journée sur l'antenne d'Europe 1 et devient immédiatement un tube. Nous sommes en 1956, et Dalida devient très rapidement une star: l'Olympia l'accueille, le public se presse pour la voir.
En un an, elle obtient un disque d'or pour Bambino (300.000 exemplaires vendus), première récompense d'un très longue série.
Elle a aujourd'hui vendu plus de 120 millions de disques à travers le monde et été célébrée des dizaines de fois: disques d'or, de platine, de diamant, Oscar de la chanson, Oscar mondial du disque, médaille de la Présidence de la République reçue des mains de de Gaulle lui-même,... Une place porte son nom à Paris, et une monnaie a été frappée à son effigie à sa mort.
La gloire
Le succès de Dalida se propage dans toute l'Europe et même au-delà. Elle part en tournée en Italie, pays de ses origines, et dans de nombreux autres pays, dont l'Egypte, où elle est accueillie comme une reine.
En France, elle remplit les plus grandes salles et ses disques s'arrachent. Côté coeur, après avoir enfin divorcé, Lucien Morisse épouse Dalida le 8 avril 1961. Tout semble aller pour le mieux pour la jeune femme de 28 ans. Mais le mariage cache mal une relation usée par les années et le métier.
Profitant de ses tournées à l'étranger et de ses nombreuses rencontres, Dalida s'éloigne peu à peu de son mari. Elle reprend sa liberté.
C'est en 1962, après le succès de Petit Gonzales, qu'elle s'achète une maison à Paris, sur les hauteurs de Montmartre, une maison qu'elle aimera et habitera jusqu'à sa mort. Cette maison lui offre aussi la liberté totale puisque au même moment, elle divorce de Morisse. Les succès discographiques s'enchaînent, mais Dalida est seule et rêve de l'homme idéal.
Et la solitude...
Pour combler sa solitude, elle fait venir en 1966 sa famille à Paris. Sa cousine Rosy devient sa secrétaire, et surtout son jeune frère Bruno devient son bras droit (il prend à l'occasion le prénom de leur grand frère Orlando !).
En 1966 toujours, elle croit rompre cette solitude en rencontrant un jeune débutant Luigi Tenco. Ils se rencontrent à plusieurs reprises, tout d'abord dans un but professionnel (ils doivent concourir ensemble au Festival de San Remo), puis dans un but personnel. Ils tombent follement amoureux l'un de l'autre, jusqu'à prévoir leur mariage dans les mois à venir. Mais le malheur viendra les séparer.
Le soir de la finale du festival, Luigi, saoul et hors de lui insulte le jury (ni lui ni Dalida n'ont gagné) et finit, dans un état violent de déprime, par se suicider dans sa chambre d'hôtel. Dalida est effondrée par ce drame.
Commence pour elle une longue série d'évènements malheureux qui petit à petit ruineront sa santé psychologique et sa joie de vivre. Elle tente une première fois de se suicider la même année, heureusement sans réussite.
Une nouvelle Dalida
Cet épisode dramatique va changer sa vie et son personnage. Elle n'est plus la jeune chanteuse de Bambino, mais une femme plus mûre, férue de littérature et de philosophie, une artiste reconnue et adulée.
Pour survivre à ses malheurs, elle entreprend une analyse et une étude de sa personnalité. Elle cherche à se comprendre et à se situer dans sa vie riche en évènements. Elle décide de ne se consacrer qu'à une chanson plus poétique et artistique, et de laisser tomber les tubes faciles et joyeux.
Ce nouveau répertoire plus intimiste ne réduit pas pour autant sa popularité. En septembre 1970, Lucien Morisse, son ex-mari, se suicide. Dalida voit peu à peu le monde s'effondrer autour d'elle. Les années 70 s'annoncent cependant plus sereinement.
Elle rencontre Richard Chanfray, dit le Comte de St-Germain, et sa carrière se stabilise, enchaînant encore des succès immenses dont Paroles Paroles avec Delon, même si le rythme est moins soutenu.
La vie continue, avec ses hauts et ses bas...
Malgré tout et, grâce à la sérénité qu'elle retrouve avec son nouveau compagnon, sa carrière reprend de plus belle. A nouveau les succès s'enchaînent: Il venait d'avoir dix huit ans (1973, écrit par Pascal Sevran), Gigi l'amoroso (1974), J'attendrai (1975), ainsi que les concerts et les tournées internationales.
Elle passe aussi dans de nombreuses émissions télévisées qui assoient sa popularité. Dalida ne subit pas les modes et les années, en sachant s'adapter à chaque époque. Ainsi, en 1978, en pleine époque disco, elle sort un album disco Génération 78.
Elle s'exporte aussi aux Etats-Unis où son succès est immense. Elle garde de ce séjour une mise en scène très music-hall qu'elle utilisera dès 1980 sur scène au Palais des Sports de Paris. Un spectacle grandiose.
Mais un drame encore va ternir son bonheur: elle se sépare du Comte St-Germain, homme devenu violent et dangereux. Encore une fois, l'amour lui échappe. Et ses prochaines amours ne seront pas plus abouties. Parallèlement, son amitié affichée pour le nouveau président François Mitterrand nuit à sa carrière. Ce sont autant de raisons pour Dalida de s'isoler et de s'éloigner. Elle part pour une longue tournée d'un an.
Retour en France
Son retour prouve qu'elle reste malgré tout une star immense. Personne ne l'oublie et ses albums sont des records de ventes. Mais en cette année 1983, Richard Chanfray se suicide. L'édifice fragile s'effondre définitivement. Dalida est à bout, malgré l'acharnement avec lequel elle se jette dans le travail.
Elle tourne au cinéma "Le Sixième jour" de Youssef Chahine et remporte un énorme succès, mais rien ne ramène la joie en son coeur. Tous les hommes qu'elle a aimés ont disparu tragiquement.
C'en est trop pour cette femme fragile et tendre. Elle décide de mettre fin à ses jours et est retrouvée morte le 3 mai 1987 dans sa maison parisienne. Le public garde d'elle l'image d'une femme fragile et forte à la fois, au talent multiple et immense. Une star que la mort a figée dans le temps et dans l'histoire.

mercredi 26 novembre 2008

Patrick Bruel


C'est à Tlemcen, en Algérie, près d'Oran, que Patrick Benguigui naît le 14 mai 1959. Sa mère Augusta, professeur de français, est divorcée de son mari. Patrick grandira sans père, et cette absence le marquera à vie.
En 1962, les Benguigui rejoignent la France et s'installent en banlieue parisienne, à Argenteuil dans le Val d'Oise. Puis ils déménagent à Paris dans le 13e arrondissement.
Deux demi-frères naîtront: David (qui vivra plus tard aux côtés d'Emmanuelle Béart) et Fabrice Moreau.
Le football et la musique
Le petit Patrick est un enfant sportif. Il adore le football et rêve de devenir footballeur professionnel. Encore aujourd'hui, il ne manque pas un match de gala avec le Variétés Club de France ou en spectateur avec ses amis.
Outre le football, l'adolescence de Patrick est occupée par la musique, avec une double passion pour la chanson française (Brel, Brassens, ...) et le rock anglo-saxon (Eric Clapton, Jimi Hendrix, Jeff Beck, ...).
Premières armes
En 1978, après avoir obtenu son bac, Patrick préfère laisser tomber les études et devient G.O. au Club Med (une autre grande "école" où sont passées des stars d'aujourd'hui, de Thierry Lhermitte à Lagaff...).
Il y fait ses premiers "concerts" pour animer des soirées avec sa guitare. En même temps, par le hasard d'une petite annonce dans un grand quotidien, il se fait engager sur le tournage du film "Le coup de Sirocco" d'Alexandre Arcady.
Grâce à cette première expérience, le jeune Benguigui (qui change au passage son nom pour Bruel) met un pied dans le cinéma et la musique.
De New York à Paris
Mais les propositions ne pleuvent pas. Patrick fait sa valise pour les Etats-Unis dont il rêvait depuis son enfance, et se retrouve à New York pendant une année, une année riche d'expériences et de rencontres.
Il fait les bars et les boîtes de la ville, découvre les styles musicaux et artistiques en vogue, et fait la rencontre de celui qui sera son inséparable ami, confident, et collaborateur: Gérard Presgurvic. Ils rentrent ensuite en France.
Patrick, fort de son expérience avec Arcady, parvient à obtenir quelques petits rôles au cinéma et au théâtre.
Cinéma et chanson
Il n'abandonne pas pour autant la musique et, en 1981, il sort un premier 45 T Vide, qui passe totalement inaperçu.
Il faut attendre 1983, alors que Bruel vient de tourner une nouvelle fois avec Arcady dans "Le Grand Carnaval", pour que la sortie de Marre de cette nana-là fasse exploser la carrière musicale de Patrick. En effet, le 45 T est un grand succès. Patrick se voit proposer de nombreux films, et tout en tournant, il enregistre un second succès en 1985, Comment ça va pour vous ?.
Le début de la Bruelmania
Encouragé par ces deux succès, Bruel sort son premier album en 1986, Deux Faces, écrit en collaboration avec son ami Presgurvic.
Fort de cet opus et du succès de ses premiers tubes, Patrick est engagé à l'Olympia en 1987, et un album live sort l'année suivante.
Sa carrière de comédien n'en est pas ralentie, bien au contraire, puisqu'il parvient à prouver son talent dans des films tels que "La maison assassinée" de Lautner ou "Force majeure" de Jolivet.
Alors regarde, sorti en 1989, fait de lui une star phénomène. De Décalé à Place des grands hommes, en passant par J'te l'dis quand même, ce disque est bourré de tubes qui font de Bruel une star.
Sur scène, les milliers de spectateurs sont en transe, les jeunes filles s'évanouissent et le public est séduit par son jeu de scène et sa simplicité.
La reconnaissance
Patrick est un phénomène culturel, même si le monde professionnel de la chanson peine à le récompenser et à reconnaître son soudain talent. Il faut attendre 1992, paradoxalement, pour que Bruel reçoive son premier prix "officiel", la Victoire de la Musique du meilleur interprète masculin.
S'en suivent d'interminables tournées dans toute la France, et la sortie d'un album éponyme Bruel en 1994. On le fête aux Francofolies de La Rochelle par une "fête à Bruel" (Ferré avait eu droit à cet honneur au même festival !).
Si on le voit beaucoup dans les médias, Bruel sait aussi se montrer intelligent et concerné par l'actualité mondiale. Ainsi est-il invité par Anne Sinclair à un 7 sur 7 exceptionnel, le 24 novembre 1991, duquel il sortira grandi.
Une carrière prolixe mais une vie sentimentale...
Films, albums, écriture pour d'autres artistes (dont Hallyday), productions, promotions, restos du coeur, ... la vie artistique de Patrick est riche mais sa vie sentimentale, source d'inspiration de ses chansons, malheureuse.
Il se confie à Laurent Boyer dans son émission fétiche Fréquenstars en 1999, et parle de sa solitude, de sa difficulté à trouver l'âme soeur. A 40 ans, Patrick est l'une des stars françaises les plus talentueuses et les plus... seules.
En 1999, il remonte sur une scène de théâtre, pour une pièce co-écrite par son demi-frère David.
Avec Juste avant en 1999, un album plus riche et plus sensible qu'à l'accoutumé, Patrick Bruel revient au devant de la scène et prouve qu'il n'est pas un chanteur pour adolescentes, mais un véritable artiste polyvalent, sensible et intelligent.
Une tournée extraordinaire suit la sortie de ce disque, jusqu'au Zénith de Paris.
Toujours en mouvement, en collaboration avec des artistes aussi célèbres que Johnny Hallyday, Aznavour, Obispo, Mick Lanaro (producteur des disques de Nougaro notamment), Bruel s'enrichit sans cesse pour le plus grand bonheur de tous.

lundi 17 novembre 2008

Le Grand Jacques Brel


Le "galérien des galas" abandonne sa carrière au sommet de sa gloire en 1966. Le Grand Jacques enflammait les salles, habitait ses personnages, gesticulait, suait. Ses spectacles étaient de véritables marathons. Rarement un chanteur aura exprimé ses rages et ses passions avec autant de sincérité et de gravité que Jacques Brel. C'est en Belgique, dans la banlieue de Bruxelles à Schaerbeek, que naît le 8 avril 1929, la personnalité la plus volcanique de la chanson francophone, Jacques Romain Georges Brel. Son père, Romain, dirige une usine d'emballage. Avec son frère, Pierre, de 6 ans son aîné, Jacques connaît une éducation austère entre collège catholique et scoutisme. A 16 ans, il crée une troupe de théâtre avec quelques copains et écrit lui-même des pièces.

A 18 ans, devant ses échecs scolaires, son père le fait entrer dans l'entreprise familiale. A la même époque, il s'inscrit à "La Franche Cordée", mouvement philanthropique, dont il deviendra le président en 49. Au sein de cette association, il monte de nombreuses pièces de théâtre dont "Le Petit Prince de Saint-Exupéry". Il y rencontre également, sa future épouse, Thérèse Michielsen, dite Miche. En 1948, il devance l'appel et fait son service militaire. Le 1er juin 1950, Jacques Brel épouse Miche, et fin 1951, naît leur première fille, Chantal. Brel, qui n'a aucun goût pour le travail de bureau, est déjà très attiré par la chanson. Dès 1952, il compose quelques titres qu'il chante dans le cadre familial ou lors de soirées dans des cabarets de Bruxelles mais la force des textes et la violence de son interprétation sont mal acceptées par son entourage qui ne l'encourage pas du tout.

En 1953, il chante à la Rose Noire à Bruxelles et en février, sort un 78 tours. Jacques Canetti, responsable artistique chez Philips et découvreur de talents, le fait alors venir à Paris contre l'avis de sa famille qui lui coupe les vivres. En juillet, naît sa deuxième fille, France, mais Jacques Brel part cependant seul à Paris. Les premiers temps sont durs. Il passe de nombreuses auditions, et décroche quelques engagements dans des cabarets tels que l'Ecluse, l'Echelle de Jacob ou les Trois Baudets, le cabaret de Jacques Canetti. L'accueil du public reste tiède. On se moque de ses allures provinciales.

En 1954, il arrive avant dernier (sur 28) au Grand Prix de la Chanson de Knokke-le-Zoute. Malgré ce résultat, Juliette Gréco décide de chanter une de ses chansons pour son Olympia, "Ça va (le diable)". Cette même année, en juillet, Brel chante lui-même à l'Olympia, mais sans aucun succès. Ce récital est suivi d'une tournée d'été avec Dario Moreno, Philippe Clay et Catherine Sauvage. En 1955, il s'installe avec femme et enfants à Montreuil, dans la banlieue parisienne. A cette époque, il rencontre Georges Pasquier, dit Jojo, qui non seulement devient son chauffeur, régisseur et homme de confiance, mais aussi son ami le plus proche.

1955 est également l'année de son premier 33 tours 25cm sous le label Philips enregistré en France. Cette année-là, Brel chante pour des organisations chrétiennes ce qui lui vaut de la part de celui qui restera son ami, Georges Brassens, le surnom de "Abbé Brel". C'est en 1956 que Jacques Brel rencontre François Rauber, pianiste classique, qui devient son accompagnateur. François Rauber, qui comprend très bien l'univers de Brel, va donner au chanteur la formation musicale qu'il n'a pas, puis devenir l'orchestrateur privilégié de toutes ses chansons. Puis, Jacques Brel rencontre également un autre pianiste, Gérard Jouannest, qui sera son accompagnateur exclusif sur scène, contrairement à François Rauber avec qui il travaillera plutôt en studio. En outre, Brel et Gérard Jouannest écriront ensemble une grande partie du répertoire du chanteur ("Madeleine","La chanson des vieux amants","Les vieux").

En 1957, Brel sort un second 33 tours où il crée en particulier "Quand on a que l'amour" et reçoit pour ce disque le Grand Prix de l'Académie Charles Cros. En février, il passe à l'Alhambra avec Zizi Jeanmaire. Le 23 août 1958, naît sa troisième fille, Isabelle. Fin 1958, Jacques Brel monte à nouveau sur la scène de l'Olympia en première partie de Philippe Clay. Le public plébiscite celui qu'il reconnaît enfin comme un véritable homme de scène.

En 1959, Brel sort un 4ème disque, "La valse à 1000 temps". Les tournées se succèdent à un rythme infernal, et le succès grandissant, il est engagé à la fin de l'année en tête d'affiche à Bobino en remplacement de Francis Lemarque. Le triomphe est au rendez-vous et les années 50 se terminent brillamment pour le chanteur belge. Après avoir longuement travaillé son chant et sa voix, Brel a laissé tomber sa guitare et chante désormais en maîtrisant totalement son art ainsi que sa forte personnalité.

En ce début d'année 1960, Charley Marouani devient l'impresario de Brel et organise pour lui d'innombrables récitals de l'URSS aux Etats-Unis en passant par le Moyen-Orient et la province française qu'il sillonne de part en part. Il mène alors une vie épuisante entre tournées, nuits blanches, conquêtes féminines, alcool, sans oublier le tabac.

A son accompagnement de scène, il ajoute cette fois l'accordéon de Jean Corti. Il remonte sur la scène de Bobino en janvier 61, et sort deux albums durant l'année. Mais, c'est surtout son récital d'octobre 61 à l'Olympia qui reste un moment clé de toute sa carrière. Le 12 octobre, il remporte un triomphe sur la scène du music-hall parisien. Engagé pour remplacer Marlène Dietrich, il est consacré vedette de la chanson par le public mais également par la critique. Suite à ce succès, Jacques Brel reprend les tournées à travers le monde et son rythme de vie ne cesse de s'accélérer. Cependant, dès cette époque, Jacques Brel évoque déjà l'idée d'arrêter la chanson.

En mars 1962, Brel quitte la maison de disques Philips pour Barclay. Le 6 de ce mois, il enregistre un de ces titres les plus célèbres, "Le plat pays", hommage à son pays natal. En octobre, il crée sa maison d'éditions musicales "Arlequin", qui deviendra six mois plus tard, les éditions "Pouchenel" (Polichinelle en bruxellois). Son épouse en est la directrice. Brel remonte sur la scène de l'Olympia en 1963, avec Isabelle Aubret en première partie. Quand cette dernière est victime d'un grave accident quelques temps après, il lui offre à vie les droits de la chanson "la Fanette". En janvier 64, meurt le père de Jacques Brel, puis sa mère en mars. Deux albums sortent dans l'année, dont son récital d'octobre à l'Olympia, récital encore salué par la critique. C'est à cette occasion qu'il crée "Amsterdam", que le public ovationne.

Cette année-là, Brel s'initie à l'aviation, passion qui lui sera très utile quand il vivra aux Marquises. Il s'achète un petit avion. Enfin, en 1964, il obtient le Grand Prix national du Disque en France. Début 1965, Brel fête ses 12 ans de chansons au cabaret "Les Trois Baudets". La fin de l'année est marquée par une tournée de cinq semaines en URSS, mais surtout par son passage sur la prestigieuse scène du Carnegie Hall de New York. La presse américaine parle d'"Ouragan magnétique".

Il est important de noter que dans la plupart de ses récitals, des plus petites salles aux plus grandes, Brel tient à faire profiter les jeunes chanteurs de sa notoriété afin de leur donner l'occasion de chanter sur scène. 1966 est une année importante, puisque Brel décide définitivement d'abandonner la chanson. Il décrète qu'il n'a plus rien à dire et se sent las des tournées sans fin. Il a beaucoup de projets qu'il n'a pas le temps de réaliser.

Son récital à l'Olympia en octobre est donc un événement sans précédent. Georges Brassens écrit l'introduction du programme, et le Tout-Paris est présent le 1er novembre lors de son tout dernier concert après trois semaines sur scène. Après quinze chansons, Brel, comme à son habitude ne cède pas aux demandes de rappel, mais revient saluer le public sept fois de suite.

En novembre, il chante au Royal Albert Hall de Londres et durant les mois suivants, il se contentera d'honorer ses derniers contrats. Son entourage et ses amis, dont Charles Aznavour, essaient en vain de le convaincre de continuer à chanter. Début 67, Jacques Brel chante pour la seconde et la dernière fois au Carnegie Hall. C'est lors de ce voyage à New York, qu'il assiste à une représentation de "L'Homme de la Mancha", spectacle musical consacré au héros de Cervantes, Don Quichotte. Brel est subjugué et très vite, il songe à monter cette comédie musicale en Europe. Cette année-là, Jacques Brel lui-même devient l'objet d'une comédie musicale aux Etats-Unis, "Jacques Brel is alive and well and living in Paris". Mort Shuman l'interprétera l'année suivante à Broadway.

Le 16 mai, Brel donne son dernier récital en France à Roubaix. Cette fois, il quitte vraiment la scène des music-halls pour la scène des théâtres et pour les plateaux de cinéma. Durant l'été 67, il tourne le film d'André Cayatte, "Les Risques du métier", film qui sort à l'automne sur les écrans français. Son talent de comédien, qui apparaissait déjà sur scène, est reconnu par tous. Enfin, en 67, Brel achète un voilier avec un ami. Le virus du voyage commence à naître dans son esprit.

1968 est l'année de "L'Homme de la Mancha" qu'il crée en octobre à Bruxelles avec Dario Moreno dans le rôle de Sancho Panca. Dix jours avant la Première, à Paris le 10 décembre au Théâtre Royal de la Monnaie, Dario Moreno meurt et est remplacé au pied levé par Robert Manuel. La performance d'acteur de Brel est unanimement célébrée. Cependant, en 1969, Jacques Brel, épuisé par plus de 150 représentations menées à un rythme battant, abandonne le rôle. La dernière a lieu le 17 mai et personne ne reprend le rôle. Le 6 janvier 1969, la station de radio RTL et le magazine "Rock et Folk" réunissent pour un entretien exceptionnel autour d'une table, trois artistes majeurs de la chanson française, Léo Ferré, Georges Brassens et Jacques Brel. A la fin de l'été, Brel tourne "Mon oncle Benjamin" de Edouard Molinaro. Juste après ce tournage, il s'inscrit dans une école d'aviation en Suisse et achète un nouvel avion.

En 1971, Jacques Brel tourne avec Marcel Carné, "Les Assassins de l'ordre" et commence à travailler sur son premier film, "Franz" en tant que réalisateur. Le tournage a lieu entre juin et juillet 1971 avec la chanteuse Barbara qui écrit une partie de la musique. A la fin de l'année, Jacques Brel tourne "L'Aventure c'est l'aventure" de Claude Lelouch. Sur le tournage aux Caraïbes, il rencontre la jeune comédienne et danseuse, Madly Bamy, avec qui il partagera les dernières années de sa vie. Son film, qui sort à Paris en mars 1972, obtient un succès d'estime. Brel est cependant très motivé pour continuer. En mai, sort le film de Claude Lelouch qui lui, est un très gros succès.

En 1972, Brel signe un contrat exceptionnel de 30 ans avec Barclay, mais n'ayant guère de nouveaux titres à proposer, il décide avec la maison de disques de réenregistrer d'anciens titres avec de nouvelles orchestrations. Son arrangeur attitré, François Rauber, n'est pas convaincu de l'intérêt du projet qui reste une initiative commerciale avant tout. En juin et juillet 72, Brel tourne à Bruxelles son deuxième film, "Le FarWest". Le film qui sort pour le festival de Cannes 1973 est un échec total. Au début de l'année 73, Brel, qui se sait malade, rédige son testament, et désigne sa femme, Miche, légataire universelle. Il sort, cette année-là, un 45 tours : "L'enfance" dont il cède à vie les droits d'auteur à la Fondation Perce Neige de Lino Ventura, fondation au profit de l'enfance handicapée.

En mai, il tourne "L'emmerdeur" de Edouard Molinaro avec son ami, le comédien Lino Ventura. Durant l'été, il emmène ses filles en croisière sur son voilier et à la fin de l'année, il se lance dans une traversée de deux mois avec cinq compagnons. Il se consacre désormais presque exclusivement à la voile et en juillet 1974, Jacques Brel part avec Madly et sa fille France sur son voilier l'Askoy. Fin août, aux Açores, Brel apprend la mort de son fidèle ami, Jojo. Il rentre pour les obsèques, et reste pour le mariage de sa fille Chantal en septembre. En novembre, Jacques Brel est opéré du poumon à Bruxelles. Il souffre d'un cancer du poumon gauche déjà très avancé. Il sait qu'il n'a peut-être pas beaucoup de temps à vivre et déclare vouloir mourir seul.

En 1975, Jacques et Madly s'installent aux Iles Marquises, précisément sur l'île de Hiva-Oa. Commence alors une vie nouvelle. Brel achète un nouvel avion qu'il appelle "Jojo", et qu'il transforme en avion-taxi pour aider les habitant des îles environnantes. En 1976, il va deux fois à Bruxelles pour des examens médicaux, mais retourne chaque fois aux Marquises bien que le climat ne lui soit pas favorable. En 1977, Jacques Brel décide d'enregistrer un disque. Ses anciens titres se vendent toujours très bien et bien que vivant à des milliers de kilomètres de l'Europe, il est toujours très présent dans l'esprit du public. Il rentre à Paris fin août et habite dans un petit hôtel parisien. Il a arrêté de fumer et se remet au travail avec ses fidèles complices, François Rauber et Gérard Jouannest. Sa santé est mauvaise, mais Brel est très enthousiaste, et sur les dix-sept titres qu'il a écrits aux Marquises, il en interprète douze. L'enregistrement a lieu entre septembre et octobre 1977. Le 17 novembre, la sortie de l'album est un événement national. Brel a demandé à sa maison de disques qu'il n'y ait aucune promotion, mais les pré-commandes du disque atteignent le million sans aucune publicité. Le jour même, Jacques Brel et sa compagne Madly repartent pour Hiva-Oa.

En juillet 1978, Brel soudain au plus mal est transporté en France et est hospitalisé six semaines à Neuilly suite à la découverte d'une tumeur cancéreuse. Il finit l'été dans le sud de la France, mais le 7 octobre, il est ramené d'urgence à l'hôpital de Bobigny, dans la région parisienne. Il meurt le 9 octobre d'une embolie pulmonaire. Pendant que d'innombrables hommages lui sont rendus en France, en Belgique et à travers le monde, son corps est ramené aux Marquises le 12 octobre. Il est enterré sur son île d'Hiva-Oa près de la tombe du peintre Gauguin.

Rarement un chanteur aura exprimé ses rages et ses passions avec autant de sincérité et de gravité que Jacques Brel. Exubérant mais pudique, Brel a forcé l'affection d'un public pourtant longtemps sévère à son égard. Des artistes du monde entier reprennent encore ses chansons. Outre des interprètes français qu'il l'ont beaucoup chanté comme Serge Lama ou Isabelle Aubret, on retrouve ses chansons dans les répertoires de Juliette Gréco, Julien Clerc, Yves Montand, Dalida, et à l'étranger, de Nina Simone ou Sting ("Ne me quitte pas"), David Bowie ("Amsterdam"), Céline Dion ("Quand on a que l'amour"), sans oublier le belge Arno ("Le Bon Dieu"). Son répertoire en flamand a surtout été chanté par la néerlandaise, Liebeth List.

En 1981, sa fille France crée la Fondation Jacques Brel destinée d'une part à faire connaître à un large public l'oeuvre de l'artiste, mais aussi à soutenir la recherche contre le cancer et l'aide à l'enfance hospitalisée.

jeudi 13 novembre 2008

Francis Cabrel


Né à Agen, dans le Lot-et-Garonne, le 23 novembre 1953, de parents d'origine italienne (du Frioul exactement), Francis grandit à Astaffort, où il vit encore aujourd'hui avec sa femme et ses enfants.
Il vit une enfance tranquille, au contact de la nature, et dans un environnement familial serein. Son père travaille dans une usine de gâteaux, sa mère dans une cafétéria. Avec son frère Philippe et sa soeur Martine, Francis pêche, joue aux boules et au basket, et profite pleinement de la vie.
Adolescent, il découvre un beau jour la guitare par le biais des Dylan, Neil Young et Cohen. C'est une révélation pour ce jeune homme timide. La musique l'épanouit et il se met à écrire ses propres chansons.
Premiers concerts
Alors qu'il travaille comme vendeur de chaussures (sa scolarité s'arrête au lycée, en première), il commence à tourner dans les bals avec son groupe "Les Gaulois" (anciennement Ray Franck and the Jazzmen).
A 21 ans, en 1974, il gagne le concours Sud Radio, présidé par les frères Seff, Daniel et Richard, avec son premier futur tube Petite Marie. Cabrel signe alors chez CBS son premier contrat dont l'aboutissement est la sortie de son premier album en 1977: Les murs de poussière. Ce premier album le lance et il se retrouve même sur la scène de l'Olympia en 1978, en première partie du chanteur Dave.
Le succès
Avec son deuxième album Les chemins de traverse et son titre phare Je l'aime à mourir, Cabrel obtient enfin le succès. Ses premiers disques sortent à un rythme régulier, fidèles au style acoustique, poétique et intimiste du chanteur d'Astaffort.
Même s'il devient une vedette, Francis reste un homme tranquille, continuant à vivre dans le Lot-et-Garonne, proche des siens (Aurélie, sa fille, naît en 1985), et sans concessions aux médias.
Il prouve cependant qu'il n'est pas un homme solitaire et renfermé en s'investissant dans de nombreuses oeuvres humanitaires, et cela dès 1985, avec sa chanson Il faudra leur dire, qui sert de support à un petit film sur la leucémie, puis des années plus tard, avec ses participations à Sol En Si, Les Enfoirés, Noël ensemble, Urgence, ...
Une oeuvre de plus en plus riche
Ses albums s'espacent, mais ils gagnent en qualité et en beauté. Pour preuve l'album Sarbacane, sorti en 1988, après presque trois ans de silence. C'est un énorme succès, notamment grâce aux titres Sarbacane et C'est écrit.
La tournée qui s'ensuit est internationale. De Paris à Québec, Cabrel se rapproche avec gentillesse et simplicité de son public.
En 1991, sa seconde fille Manon voit le jour. Le chanteur se consacre encore plus à sa famille et à son village (il est conseiller municipal d'Astaffort). Il crée ainsi en 1988 les Rencontres d'Astaffort, festival musical et culturel qui voit se réunir chaque année des milliers de passionnés de guitare (luthiers ou musiciens...).
Il produit aussi de jeunes talents comme Michel Françoise sur son label Cargo. Et ce n'est qu'en 1994 que sort Samedi soir sur la terre, un album dont le succès est encore plus grand que le précédent. Récompenses, télévisions, concerts, entrevues, ... Cabrel est en haut de l'affiche, et sans jamais céder à la pression médiatique.
La consécration
En 1997, Claude Gassian sort un ouvrage consacré au chanteur. Un magnifique ouvrage de photos, dessins et textes intitulé Hors saison. Au printemps 1999, l'album du même nom Hors-saison remporte un succès incroyable. L'Olympia et le Zénith l'accueillent. Internet aussi. Le site du chanteur se fait l'écho de son univers tendre et romantique.
Cabrel prouve encore une fois son talent de compositeur et d'interprète. Sans jamais perdre pied, il montre avec sagesse et tranquillité, l'exemple à suivre. Un homme d'une grandeur jamais démentie, sensible et honnête, empreint d'humanisme et de candeur.

mercredi 12 novembre 2008

Charles AZNAVOUR


Ce fils d'immigrés arméniens est arrivé en haut de l'affiche à force de volonté. "Je m'voyais déjà" chantait-il en 1960. Il aura mis vingt ans pour gravir une à une les marches du succès. Depuis Aznavour est devenu le chantre de la chanson romantique à travers le monde. Aujourd'hui, à plus de 70 ans, il est un des classiques de la chanson française voire internationale.
Il est né à Paris, par hasard, le 22 mai 1924. En effet, ses parents attendaient en France un visa en vue d'un départ pour les États-Unis. Son père, Micha, arménien né en Géorgie, est le fils d'un ancien cuisinier du Tsar Nicolas II. Quant à sa mère, Knar, elle est issue d'une famille de commerçants arméniens de Turquie.
Micha, ancien baryton, ouvre un petit restaurant arménien à Paris où il chante pour les exilés d'Europe centrale. Avec sa femme, comédienne, ils élèvent leurs deux enfants, Charles et sa soeur aînée, Aïda, dans une atmosphère de musique et de théâtre au milieu des nombreux artistes qui fréquentent le petit restaurant de la rue de la Huchette.
Après la crise économique de 1929, la famille Aznavourian s'installe rue du Cardinal-Lemoine : en face de l'école du Spectacle! En 1933, ils y inscrivent leur fils qui rêve de devenir acteur.
Très vite, Charles fait de la figuration puis débute dans des petits rôles au théâtre et au cinéma. En 1939, Micha Aznavourian s'engage comme volontaire dans l'armée et Charles quitte l'école du spectacle pour travailler. En 1941, il rencontre un jeune auteur compositeur, Pierre Roche, avec qui il écrit un duo et écume les cabarets de la capitale. Le monde du spectacle les adopte.
En 1946, il rencontre Edith Piaf et son idole, Charles Trenet. Piaf va ouvrir au duo les portes de l'Amérique. Cette même année, Charles Aznavour épouse Micheline et l'année suivante naît sa fille Séda. A la fin des années 40, le duo AZNAVOUR-ROCHE s'envole pour les États-Unis puis pour Montréal où il reste à l'affiche pendant des mois.
En 52, Aznavour rentre seul en France. Pierre Roche s'est marié là-bas ! Il commence alors à chanter en solo, mais sans succès. En revanche, il se fait un nom comme compositeur pour Mistinguett, Patachou, ou encore Juliette Gréco qui, avec la chanson "Je hais les dimanches", obtient le prix de la SACEM en 1952. Il travaille également pour Piaf et adapte pour elle le titre américain "Jezebel" qui est un succès.
En 1952, naît son deuxième enfant, Charles.
Il faut attendre 1954 et une tournée en Afrique du Nord pour enregistrer les premiers succès publics. Charles a alors une trentaine de chansons à son actif et décroche alors un contrat à l'Alhambra puis à l'Olympia. Si les critiques ne sont pas tendres avec lui, le public lui réserve un chaleureux accueil.
En 1956, il se remarie avec Évelyne Plessis et cette même année, naît Patrick.
Charles Aznavour devient un "nom" indispensable de la chanson française et à cette époque là, il crée les titres "Sur ma vie", "Parce que" ou encore "Après l'amour" qui sera interdit d'antenne.
C'est en 1957 que Aznavour connaît enfin le triomphe lors d'une série de concerts à l'Alhambra puis à l'Olympia où il passe pour la première fois en tête d'affiche. Il décide alors d'entreprendre une tournée à l'étranger. Partout où il passe, il rencontre un énorme succès.
Sa carrière cinématographique prend parallèlement son envol. En 1958, il tourne "Les dragueurs" de Jean-Pierre Mocky et "La tête contre les murs" de Georges Franju pour lequel il reçoit le prix d'interprétation masculine du cinéma français.
François Truffaut fait appel à lui en 1960 pour "Tirez sur le pianiste" et le succès de ce film aux États-Unis lui ouvre les portes du Carnégie-Hall, le prestigieux music-hall new-yorkais. La critique est enthousiaste et Aznavour commence alors un véritable tour du monde qui va durer plusieurs années. Turquie, Liban, Grèce, Afrique noire, URSS, Charles Aznavour devient une star internationale et vend des millions d'exemplaires de ses disques, entre autres de "La Mamma" qu'il interprète triomphalement à Erevan, en Arménie.
En 65, de retour en France, il installe son "One Man Show" de trente chansons pendant douze semaines à l'Olympia. Durant l'été, il tourne "Paris au mois d'Août", le film de Pierre Granier-Deferre et à la fin de l'année, il monte sa comédie musicale "Monsieur Carnaval" dont est tirée la chanson "La bohème" qui restera un de ses titres-phares.
En 1966, il repart sur les routes pour continuer sa tournée mondiale. Après le Canada, les Antilles, il remporte un triomphe en Amérique latine en particulier avec la version espagnole du titre "Avec".
Il alterne pendant quelques années, tournées à l'étranger et retour sur scène en France. Il va d'ailleurs inaugurer à l'Olympia un système inédit d'horaires variés pour ses récitals : à 17 heures, à 21 heures ou à minuit.
C'est à Las Végas en 1968 qu'il épouse la suédoise, Ulla Thorsell, avant de célébrer religieusement leur mariage à l'église arménienne de Paris l'année suivante.
En 1969, il reçoit le prix de la Société américaine des auteurs compositeurs pour sa chanson "Hier encore" ainsi que la médaille Vermeil de la ville de Paris.
Enfin cette même année, naît sa fille Katia. Au début des années 70, il rédige ses mémoires "Aznavour par Aznavour" et s'installe aux États-Unis. Cette nouvelle décennie marque aussi un intérêt plus marqué‚ pour les faits de société‚ telles les chansons "Le temps des loups" en 1970 sur le thème de la violence, "Mourir d'aimer" en 1971 inspiré d'un fait divers décrit dans le film du même nom ou encore "Comme ils disent" où il chante l'homosexualité.
Durant l'année, il donne de nombreux récitals dans les universités de la côte ouest des États-Unis et triomphe à Broadway. Au début de l'année 71, il remporte à nouveau un vif succès à l'Olympia de Paris. Quelques mois plus tard, Il reçoit un Lion d'Or lors du Festival de Venise pour la version italienne de la chanson du film "Mourir d'aimer".
Au mois de mai, naît son fils Misha. En 1972, il triomphe à l'Olympia en début d'année et six semaines à l'automne. Le titre "Les plaisirs démodés" est un tube qui fait le tour du monde.
A la fin de l'année, un accident de ski immobilise Charles Aznavour pendant plusieurs mois. Il en profite pour écrire avec son beau-frère, le compositeur Georges Garvarentz, l'opérette "Douchka".
Il reçoit un disque de platine en 1974 en Grande-Bretagne pour le titre "She" qui ne marchera jamais en France.
En 1975, à l'occasion du soixantième anniversaire du génocide arménien, il crée la chanson "Ils sont tombés". Cette même année, il joue avec Claude Chabrol dans "Folies Bourgeoises" et retrouvera le metteur en scène en 1983 pour "Le Fantôme du Chapelier".
Vedette internationale, ses chansons sont reprises par les plus grands. Ray Charles chante "La mamma" et Fred Astaire "Les plaisirs démodés" en 1976 et peu de temps avant de disparaître, en 1977, Bing Crosby reprend "Hier encore". Cette même année, Charles Aznavour devient père d'un petit Nicolas et grand-père pour la première fois.
En 1978, il entame une tournée internationale et encore une fois, triomphe à Broadway.
L'année suivante, il joue dans le film "Le Tambour" de Volker Schloendorff qui obtient la Palme d'or au Festival de Cannes.
1980, triomphe à l'Olympia dont il est maintenant un des piliers et l'année suivante, il reprend ses tours de chant à travers le monde.
C'est en 1983 que Charles Aznavour quitte sa maison de disques Barclay pour Trema avec qui il signe deux ans plus tard seulement. Sa nouvelle maison de disques s'engage à rééditer ses anciens titres.
En 1986, sortent effectivement les premières rééditions ainsi qu'un nouvel album, sur lequel on trouve la chanson "Les Émigrants", album qui se vend à 180.000 exemplaires.
En 1986, Aznavour se lance aussi pour la première fois dans l'écriture du scénario de "Yiddish Connection" de Paul Boujenah, film qu'il interprète également.
Puis l'année suivante, il entame une tournée triomphale aux États-Unis avec la chanteuse Pia Zadora. Il revient ensuite chanter à Paris au Palais des Congrès avant de sillonner la France en fin d'année.
En 1988, Charles Aznavour remonte sur la scène du Palais des Congrès. Mais en fin d'année, le terrible tremblement de terre de Erevan en Arménie (50.000 morts), mobilise l'artiste qui va mener un combat ininterrompu depuis pour aider sa terre d'origine. Il crée à cette occasion la Fondation "Aznavour pour l'Arménie" qui se charge de collecter et d'envoyer vêtements et nourriture pour la population. Au début de l'année 1989, avec le réalisateur Henri Verneuil, également d'origine arménienne, il fait appel aux artistes français pour le tournage d'un clip, quatre-vingt-dix chanteurs et comédiens enregistrent alors la chanson "Pour toi Arménie" qui se vend à un million d'exemplaires.
Suite à cette opération, Charles Aznavour est nommé‚ Ambassadeur permanent en Arménie par l'Unesco. Cette même année, il va réenregistrer ses principaux titres à Londres qui sortiront en trois volumes.
Au début des années 90, il continue de tourner pour le cinéma et la télévision. Il publie en 1991, son deuxième ouvrage "Des mots à l'affiche", dans lequel il recueille nombreux de ses textes. Fin 1990, il donne au Palais des Congrès un récital en duo avec son amie de toujours, Liza Minnelli.
En 1992, Charles Aznavour rachète le catalogue de la société d'édition phonographique Raoul Breton dont il devient le président. Ce catalogue est un des plus riches de France et comprend entre autres les œuvres d'Edith Piaf et de Charles Trenet.
En 1994, il signe avec EMI la réédition de la totalité de sa propre œuvre qui comprend environ mille titres et dont une bonne moitié‚ est composée par lui-même. Une intégrale de trente CD voit donc le jour en 1996. Cette même année en octobre, Aznavour fait la Une du magazine américain "Billboard", événement exceptionnel pour un artiste français.
En 1997, il obtient la Victoire de la Musique du meilleur interprète masculin, prix décerné par l'ensemble des professionnels de la chanson en France. Le Président de la République, Jacques Chirac, le nomme également Officier de la Légion d'honneur.
Enfin, il sort un nouvel album "Plus bleu" du nom d'une chanson qu'il a écrite en 1951 pour Edith Piaf. Il reprend d'ailleurs ce titre en duo virtuel avec la grande chanteuse française.
Le samedi 12 juillet 1997, Charles Aznavour fête ses 50 ans de chansons au festival de Montreux en Suisse. Après avoir ouvert le concert avec la chanson "Après l'amour", Aznavour laisse la place à une dizaine d'artistes de jazz (Rachelle Ferrell, Bobby Mc Ferrin, Manu Dibango...) qui reprennent ses titres les plus connus en français ou en anglais. Puis la star de la soirée revient clore le récital anniversaire avec une version enlevée de "Emmenez-moi".
Lors de sa tournée 98, Charles Aznavour est contraint d'annuler deux concerts fin juillet pour raisons de santé. Âgé de 74 ans, le chanteur se prépare en outre à affronter une nouvelle tournée américaine à l'automne. Il démarre par un mois entier à New York en octobre au Marquis Theater de Broadway, grand lieu de la comédie musicale et du music hall new-yorkais. C'est un triomphe pour l'artiste dont les Américains apprécient la classe, le romantisme et l'accent… Cette série de concerts à New York est suivie de quelques soirées à Los Angeles. Puis début décembre, le chanteur s'envole pour Moscou et Saint Pétersbourg où l'accueil qui lui est réservé n'est pas moins chaleureux.
Au même moment, Charles Aznavour publie un nouvel album un peu différent puisque entièrement jazz. Sur ce disque où il reprend 14 de ses standards façon jazz, il est accompagné par des pointures du genre comme André Ceccarelli, Michel Petrucciani ou Diane Reeves.
Depuis cinquante ans, Charles Aznavour s'est imposé‚ comme un maître de la chanson française et un artiste complet puisque outre la musique, il est un comédien confirmé, et pratique l'écriture et la peinture avec talent

Édith Piaf ( la Môme )


"C'est nous les mômes, les mômes de la cloche, clochards qui s'en vont sans un rond en poche, c'est nous les paumés [...] qui sommes aimés un soir n'importe où..." (Les mômes de la cloche, 1936, V. Scotto - A. Decaye).
C'est sous cette image populaire que Piaf apparaît au grand public. La légende veut même qu'Edith Giovanna Gassion, son vrai nom, soit née sur le trottoir du 72 rue de Belleville à Paris, plus précisément sur la pèlerine d'un policier, le 19 décembre 1915.
En réalité, elle semble plutôt avoir vu le jour à l'hôpital Tenon, mais il n'en faut pas plus pour que colle à la peau d'Edith cette image "populo".
Edith a la vie d'artiste dans le sang: son père Louis, qui est à la guerre, est contorsionniste, et sa mère Annetta, d'origine italo-kabyle, est chanteuse de rue.
Edith grandit entre ses deux grands-mères, dont l'une tient un bordel dans l'Eure, à Bernay. Puis après la guerre, son père, engagé dans un cirque itinérant, embarque sa fille avec lui. Trottoir, cirque, chanson, bordel, quelle singulière enfance !
Des débuts forcés
C'est pour aider son père au cirque que la jeune Edith commence à pousser la chansonnette. Alors que ses parents divorcent et qu'une demi-soeur, Denise, naît en 1931 du remariage de son père, Edith continue la chanson de rue.
A 17 ans, elle rencontre Louis Dupont dont elle tombe enceinte. Mais Edith, née "dans la rue", voit commencer pour elle une longue vie de défaites amoureuses et de malheurs.
Le premier de ses malheurs est le décès en 1935 de sa fille Cécelle (Marcelle) d'une méningite. Entre-temps, pour se guérir de sa séparation d'avec P'tit Louis, Edith, mauvaise mère, fréquente la racaille parisienne, truands et marlous.
A 20 ans, la voilà seule, orpheline en quelque sorte, au bord de la déprime, de la pauvreté, de la drogue et de la prostitution.
La lumière... et l'ombre revenue
Un soir de 1935, elle fait la connaissance de Louis Leplée, gérant du Gerny's, un établissement de spectacle très en vogue à l'époque. Séduit par la jeune femme, il l'invite à chanter quelques titres chez lui, dont Les mômes de la cloche de Scotto.
C'est aussi Leplée qui trouve à Edith son surnom de Môme Piaf, afin d'illustrer la petite taille de la chanteuse.
Son passage au Gerny's est un succès: Chevalier lui-même, ainsi qu'un certain Jacques Canetti sont subjugués. Canetti lui fait passer sa première séance radio et lui fait enregistrer fin 1935 son premier disque.
Mais malgré son succès naissant, la rue la rattrape. Avril 1936: Leplée est assassiné, vraisemblablement par les "protecteurs" d'Edith. Celle-ci passe de mauvais moments avec la police. Les journaux se régalent de ce fait divers.
Le renouveau
Grâce à Raymond Asso, rencontré quelques temps plus tôt, Piaf sort de la galère. Il lui fait enregistrer en janvier 1937 le titre Mon légionnaire. Raymond et Edith deviennent amants. Plus question alors pour elle de vivre une vie de débauchée. Un seul mot: le travail.
Et le travail paye. L'ABC accueille la chanteuse sous son nouveau nom de scène: Édith Piaf. Elle côtoie les Mireille et les Trenet, tourne dans toute l'Europe. La guerre sépare Raymond et Edith, et celle-ci se jette dans les bras d'un débutant, Paul Meurisse, puis le quitte pour Michel Emer, qui lui écrit L'accordéoniste et Le disque usé.
Piaf et la vie culturelle
Devenue une institution, elle rencontre le tout Paris: Breton, Cocteau (ils mourront le même jour !), ... Mais la guerre la fait fuir. Jusqu'à la fin 1942, elle tourne dans la zone libre.
De tournées en amants, la guerre passe. Puis vient la libération. Piaf n'a jamais cessé de chanter, de Paris à Berlin. En 1944, elle fait chanter et devient l'amant d'un certain Yves Montand, alors inconnu. Puis en 1946, elle écrit l'un de ses titres qui feront le tour du monde: La vie en rose.
Paris New York
Fin 1947, elle embarque pour New York. Elle y rencontre Marlene Dietrich, et surtout le boxeur Marcel Cerdan. Ils deviennent amants, les "meilleurs amants du monde". De Paris à New York, entre un concert d'Edith et un combat de Marcel, leur amour prend force.
Mais le malheur rejoint encore Edith, qui perd son amant le 27 octobre 1949, dans un accident d'avion. Pour lui, elle écrit L'hymne à l'amour, mais la vie ne sera plus jamais comme avant.
1950. Si elle retourne à New York, c'est pour y chanter. Elle s'accompagne d'Eddie Constantine, son nouvel amant, et d'un secrétaire, un certain Charles Aznavour (qui, lui, ne sera jamais son amant).
La p'tite Lili
De retour à Paris en 1951, Piaf travaille à imposer une comédie musicale La p'tite Lili, avec Eddie Constantine et Robert Lamoureux. La pièce a un certain succès. Mais de maladies en accidents, Edith tombe dans la drogue (la morphine tue la douleur).
Peu à peu, sa vie s'enfonce dans la déchéance. Côté scène, elle obtient toujours le succès, que ce soit avec Jézebel (écrit par Aznavour), ou Je t'ai dans la peau (de Pills et Bécaud).
Pills, auteur célèbre outre-Manche, deviendra, entre deux amants et par défi, le mari d'Edith en l'épousant le 29 juillet 1952. Ils s'installent au boulevard Lannes à Paris, appartement que la chanteuse gardera jusqu'à sa mort. La complicité du couple est aussi professionnelle: ils chantent et jouent ensemble (dont Le bel indifférent de Cocteau).
Toxico Piaf
Mais Cerdan a détruit, par son absence, la vie d'Edith. Elle suit en 1953 une première cure de désintoxication. S'en suivent des tournées, New York, Mexico, Rio, Paris, et de longs voyages pour oublier.
Si elle est une star internationale, sa vie reste une succession d'échecs. Ainsi divorce-t-elle de Pills en 1956. Comme à son habitude, Edith se plaît à "élever" les hommes, à les prendre en main et à en faire des stars.
Un certain Jo, Georges Moustaki, n'échappe pas à la règle. Il devient son amant et débute dans la chanson. Ensemble, ils ont un grave accident de voiture en 1958, accident qui ne fait qu'empirer l'état de santé de Piaf et sa dépendance aux produits illicites. Ensemble aussi, ils écriront Milord, un autre grand succès d'Edith.
La chute
Début 1959, alors qu'elle triomphe une fois de plus à New York, elle s'effondre sur scène. Les opérations se suivent. Piaf n'est plus qu'une femme en sursis. Elle rentre à Paris en piteux état, sans Moustaki qui l'a quittée entre-temps.
Malgré son état de santé, elle triomphe en 1961 à l'Olympia, devant le tout Paris. La fin de sa vie est difficile. Les hommes de talent se succèdent pour lui écrire des chansons (Francis Lai, Charles Dumont, etc.) et elle tombe amoureuse d'un certain Théophanis Lamboukas, dit Théo Sarapo, qu'elle épouse le 9 octobre 1962 à Paris.
Le mariage est bidon, l'artiste est finie, droguée, épuisée, malade. Quelques concerts l'achèveront.
En convalescence près de Grasse, elle y meurt le 10 octobre 1963, et est ramenée en douce à Paris où sa mort est officialisée le 11 octobre, le même jour que le décès de Cocteau, son ami. Elle est enterrée au Père Lachaise devant une foule immense.

Film
La Môme (La vie en rose en version anglaise) est un film biographique français d'Olivier Dahan, retraçant la vie d'Édith Piaf, incarnée par Marion Cotillard et sorti en France le 14 février 2007. Le film a remporté deux Oscars, quatre BAFTA, cinq Césars, trois Lions tchèques et un Golden Globe. Pour son rôle principal, Marion Cotillard est devenu la première actrice à remporter l'Oscar de la meilleure actrice dans un film entièrement tourné en français.
Ce film retrace de nombreuses parties de la vie d'Édith Piaf tels que son enfance, sa gloire, ses amis, ses coups de gueule, ses joies et ses peines, ses succès et les drames de sa vie, sa disparition etc.
Un film plein d'émotion